PRATIQUE AMATEUR. PROJET DE LOI ANNULE, MANIF MAINTENUE
À quelques jours de la Festimanif organisée samedi à Nantes pour défendre la pratique amateur, la ministre de la Culture annonce qu’elle renonce à son projet de loi.
La manifestation est toutefois maintenue. « Contents » mais « méfiants ». Tel était, hier, l’état d’esprit des acteurs culturels bretons contactés après l’annonce de la ministre de la Culture, Christine Albanel, que « la loi ne semble pas être le bon vecteur pour encourager et sécuriser la pratique amateur ». Une déclaration faite après une réunion organisée le 5 septembre, rue de Valois, avec les organisations professionnelles ainsi que la Cofac pour représenter les amateurs. Pour la ministre, « des pistes alternatives, contractuelles ou conventionnelles seront donc explorées avec les professionnels et les amateurs. Aucune décision ne sera prise tant qu’un véritable consensus entre toutes les parties n’aura pas été dégagé ».
Une déclaration qui réjouit les principaux intéressés bretons, ceux qui sont montés au front pour mettre en garde contre cet avant-projet de loi qui prévoyait d’imposer des contrats de travail à chaque amateur participant à un spectacle. « Je suis extrêmement satisfait parce que la mobilisation des musiciens, des danseurs et des élus bretons a été entendue par la ministre », explique Bob Haslé, le président de Bodadeg ar sonerion, l’assemblée qui fédère plus de 10.000 sonneurs. « Mais nous maintenons l’appel à manifester samedi à 15 h, à Nantes, car on sait que les ministres passent... » Même crainte pour Joëlle Dubois, la présidente de War’l Leur qui regroupe plus de 70 cercles en Bretagne.
« A quelques jours de la manifestation, cette annonce a peut-être pour vocation de dégonfler un peu le ballon. On ne veut pas que la ministre nous sorte un décret dans six mois... Nous restons donc très vigilants et nous irons à Nantes ».
Pour Dédé Le Meut, l’un des nombreux artistes bretons qui sera présent lui aussi à la Festimanif, « il ne faut pas que le projet revienne par une porte dérobée. On doit montrer notre attachement à notre culture populaire ».
À Lorient, Lisardo Lombardia, le directeur du festival interceltique, concerné au premier chef par ce projet de loi, « respire » mais sera aussi dans le cortège « pour que le projet soit bien enterré ».
D’autres revendications Si certaines associations, comme le Puy-du-Fou, ont fait savoir qu’elles ne se rendraient plus à Nantes après l’annonce ministérielle, l’appel à la mobilisation est maintenu en Bretagne où les revendications sont multiples. Au conseil culturel, qui appelle aussi à manifester (*) pour la réunification administrative de la Bretagne, la ratification de la charte européenne et le transfert de l’enseignement du breton à la Région, on estime que « la raison d’être de la manifestation reste intégrale ». « Nous avons des propositions à faire sur ce dossier de la pratique amateur. Il ne faut pas qu’il soit refermé », précise Patrick Malrieu, son président. Même sentiment pour Bob Haslé, le président de B.A.S : « Beaucoup de contacts ont été noués ces dernières semaines. On envisage de créer un syndicat de bénévoles pour pouvoir aller négocier au ministère et avoir, désormais, notre mot à dire » . * Comme l’Institut culturel de Bretagne, Bretagne Réunie, Bertaeyn Galeizz, Kendalc’h, Goueliou Breizh, Diwan, Div Yezh, l’UDB, Dihun, Réseau des ententes de pays... Gaël Le Saout - Le Télégramme du 17 septembre 2008 |